Message du Conseil d’administration

Dans son message introduisant le rapport de gestion 2018 de la Caisse de pensions de l’Etat de Vaud (CPEV), le Conseil d’administration mettait en exergue la grande volatilité des placements, dans un environnement très incertain. Les marchés avaient baissé en fin d’année et dégagé ainsi des résultats négatifs des placements mobiliers, avant de se ressaisir dès le début de 2019. Cette tendance s’est poursuivie, de sorte qu’au 31 décembre dernier, nous bouclons un excellent exercice … avant que 2020 nous prenne à froid avec les effets financiers du coronavirus COVID-19.

C’est le jeu du rythme annuel de reddition des comptes. Le moment auquel une « photographie » complète de la situation financière de notre Caisse de pensions doit être prise est ainsi fixé à l’avance, à intervalles réguliers, sans tenir compte du timing des revirements de tendance sur les marchés. Nous devons donc commenter un constat alors même que nous traversons une crise majeure qui le chamboule. En faisant ainsi le bilan, aux sens propre et figuré, de l’exercice 2019, le Conseil d’administration ne peut que se réjouir de la performance obtenue et remercier vivement Retraites Populaires, gérante de la Caisse, de ses services.

À fin 2019, tous les placements ont évolué positivement. C’est surtout vrai des actions, mais les obligations en portefeuille ont aussi été portées par cette tendance favorable, dans un contexte inattendu de nouvelle baisse des taux d’intérêt. Les investissements directs de la Caisse dans le secteur immobilier ont apporté le rendement prévu, certes moins élevé que celui des titres, mais plus stable. La performance de ces placements dans la pierre est en outre embellie par la comptabilisation de leur réévaluation, effectuée au terme de cet exercice. À l’avenir, une telle réévaluation se fera elle aussi annuellement, pour suivre de plus près l’évolution des paramètres financiers dans cet univers d’investissement.

La tâche du Conseil d’administration consiste non seulement à veiller à l’efficience des placements jour après jour, mais aussi à cultiver une vision à long terme indispensable à la bonne marche de l’institution de prévoyance. Toujours dans le domaine des placements, il s’agit de se positionner sur la moyenne des revenus qu’on peut en attendre, exercice après exercice, ce qui aura une incidence sur le taux d’intérêt technique à fixer, lequel doit être déterminé en prenant en compte une marge de sécurité et le besoin lié à l’augmentation de l’espérance de vie. La Commission de haute surveillance de la prévoyance professionnelle a décidé en 2019 que la nouvelle directive DTA-4 émise par la Chambre suisse des experts en caisses de pensions constituerait la référence pour chaque expert d’institution de prévoyance, qu’il soit membre ou non de cette Chambre, en vue de recommander le taux technique adéquat. Cette directive fixe un mode de calcul plutôt schématique d’une borne supérieure du taux technique, sur la base du rendement de placements considérés comme tout à fait sûrs, à savoir le taux d’intérêt lissé des obligations de la Confédération à 10 ans. Elle conçoit toutefois qu’on puisse s’éloigner du résultat de ce calcul pour déterminer le taux technique recommandable, en fonction des caractéristiques concrètes des placements de l’institution de prévoyance, tout en tenant compte de la structure d’âges des assurés et de la fidélité à cette institution des employeurs affiliés.

De l’avis des experts, la voie tracée par cette directive est incontournable : les taux techniques doivent être revus à la baisse et demeurer bas, aussi longtemps que les taux d’intérêt ne se sont pas notablement ressaisis. Les cours des actions sont en principe soutenus par cet afflux d’argent bon marché, mais leur récente dégringolade dans le contexte de la crise due au coronavirus COVID-19 est venue rappeler que rien n’était acquis à cet égard.

Quant à la structure des âges de son effectif, la Caisse a franchi en 2019 un seuil symbolique : elle compte désormais moins de deux assurés actifs pour un pensionné, alors que ce ratio était encore de 2,2 en 2010. Il s’agit également d’une tendance à long terme.

Dans ce contexte, le Conseil d’administration doit aménager, dans la mesure des moyens à disposition, le cadre qui permettra une nouvelle baisse du taux technique de la Caisse, après celle intégrée dans le plan de financement établi en 2018. Dans le bouclement des comptes 2019, le Conseil a ainsi décidé de renforcer la provision pour abaissement futur du taux technique. Pour une bonne part, cette opération a pu être financée grâce au gain comptable procuré par la réévaluation susmentionnée du parc immobilier de la CPEV.

Alors que les marchés boursiers sont soumis à une volatilité sans précédent, il est essentiel de se concentrer sur la satisfaction des objectifs à long terme. À l’égard de la politique des placements, cette vision à long terme se concrétise avec la prise en considération des critères Environnement/Social/Gouvernance (ESG), autrement dit le choix d’investissements socialement responsables (ISR), dans l’optique du développement durable. Convaincu du bien-fondé de cette approche, le Conseil engage résolument notre institution de prévoyance dans ce sens, sans perdre de vue l’accomplissement de sa mission qui est de fournir des prestations de retraite, d’invalidité et de survivants.

Plus que jamais, la bonne gouvernance de la CPEV, comme de toute institution de prévoyance, suppose donc de concilier les impératifs du présent avec les contraintes du futur. Pour illustrer les options prises, à l’attention des assurés comme des employeurs affiliés, le rapport de gestion de notre institution de prévoyance fait peau neuve cette année. Sa nouvelle forme, digitale, a été conçue de manière à rendre plus accessibles les informations importantes concernant la CPEV. Nous vous souhaitons une agréable découverte de ce support de communication revisité.

Pour le Conseil d’administration,

Stephen Sola, Président

Michèle Mottu Stella, Vice-présidente

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Conseil d'administration de la CPEV

De gauche à droite:  Jean-Daniel Martin (secrétaire), Alexandre Bernel (secrétaire), Fabrice Ghelfi, Gloria Capt, Yves Froidevaux, Stephen Sola, Alain Martin, Michèle Mottu Stella, Michel Berney

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